Le mal-être est une drogue pour certains d'entre nous, dont il est difficile de décrocher. N'avez-vous pas déjà refusé l'aide d'un proche ? Êtes vous certains que vous êtes heureux ? Vraiment, pleinement, complètement, assurément ?

Le mal-être est une drogue pour certains d'entre nous, dont il est difficile de décrocher. N'avez-vous pas déjà refusé l'aide d'un proche ? Êtes vous certains que vous êtes heureux ? Vraiment, pleinement, complètement, assurément ?

Je cache mon nom sous un pseudonyme, comme bon nombre d'entre nous. Je suis passée par diverses périodes dans ma vie, passant de la toute jeune adolescente renfermée et colorée, à l'anticonformiste vêtue de noir en passant par la sombre extravagante a l'apparence légèrement plus sage. Actuellement je n'ai pas de style particulier, je mélange, je prends ce qui me plaît. J'ai enfin éclos de toutes ces coquilles qui m'étouffaient et m'éloignaient de celle que je suis. Physiquement. Parce que moralement c'était toujours la même qui dormait en moi, faussée par ce que j'aurais aimé devenir. J'ai fréquenté des personnes inoubliables, certaines d'une générosité telle qu'elles se faisaient berner par les paroles naïves que l'on débitait pour elles, le tout avec le sentiment d'être utile. Et aimées. D'autres personnes, moins fréquentables, complètement fausses, que je plains sincèrement à présent. Le genre de personnes en qui tu crois, et qui te pourrissent de l'intérieur, bien sûr derrière ton dos d'innocent, de trop gentil. Oui je faisais parti de la première catégorie, mais je me suis assombrie, me renfermant complètement sur moi même suite à plusieurs blessures dont je me suis relevée difficilement mais qui restent vives, brûlantes, d'un feu qui me dévore à chaque souvenir de cette ancienne naïveté que j'ai rapidement quitté au sortir de l'enfance. Assombrie, consumée et salie par le charbon des flammes dévorantes qui ont anéanti les restes de l'enfant en moi. Complètement neuve, parfois méchante, complètement incompréhensible pour ceux qui lisaient en moi, j'étais devenue paranoïaque et dépendante. Dépendante d'une affection sans bornes, jalouse au plus haut point, réclamant attention et amour. Une simple reconnaissance, une preuve que je comptais, que je n'étais plus baffouée comme précédemment. Paranoïaque, car obsédée par la pensée des autres à mon propos. Je voulais que l'on m'apprécie, je voulais compter, tellement que j'en étais étouffante et que l'on m'a repproché de mentir sur mon état réel. Mais j'en avais honte. Tellement. Que je me taisais, je n'ai jamais rien dit. Un simple et stupide besoin de reconnaissance. Je fus isolée pendant des mois suite à ces accrochages. Je ne me relevais pas. J'ai cru que je resterais à jamais à genoux, que je ramperais sans but, en espérant que quelqu'un me marche dessus et m'achève, mais c'est comme si une bulle invisible me protégeait de chaque coup, me rendait invisible, ignorée. Le pire sentiment qui puisse exister. L'ignorance. J'étais présente, et absente à la fois. J'étais vivante, mais morte. J'étais là, mais vide. Je ne sentais plus la douleur, je vivais avec, je la cotoyais, c'était en souriant que je sentait mes muscles bouger et tirailler, et le feu renaître des cendres éparpillées en moi. En grimaçant, car les sourires étaient faux, destinés à tromper le monde extérieur, tellement insignifiant et superficiel qu'ils pensaient que je me reconstruisais et que la douleur s'estompait. Personne ne voyait, personne. Personne ne daignait m'achever.C'est en inhalant à fond pour me rappeller que j'étais en vie que je m'écorchais les poumons, et que l'air raclait ma gorge, comme une pierre ponce. Je me souviendrais longtemps de ce goût de sang, en respirant. De ces crampes en me mouvant subitement. De ce froid dont mes larmes étaient emplies en glissant sur mes joues, inconsciemment. De cette douleur quand leur bras m'enveloppaient d'une tiédeur que j'oubliais, d'une tiédeur qui n'étais pas les leur, à elles, celles que je voulais à mes côtés pour m'épauler dans le plus dur moment de ma vie. Je n'avais jamais connu pire souffrance que l'abandon, la haine, la déception et l'ignorance. Le mal-être était devenu un froid polaire, gelant mes os à leur racine, dont je ne voulais sortir, de peur de me consumer à nouveau. Comme une drogue, comme un anti-douleur, un anti-dépresseur. Le mal-être anti-dépresseur... Qu'est-ce qu'on peut être stupide quand on semble toucher le fond. J'ai consulté, j'étais dépressive. J'ai pris des cachets qui me rendaient malade, dans le seul but de ne plus penser. J'étais une loque, un zombie. Un survivant, qui se rappellait du crash, de sa violence. Saleté de douleur, je me réchauffais. Je ne voulais pas. Je n'étais pas prête. Aujourd'hui, je ne prends plus rien, je ne suis toujours pas prête. J'ai peur sous mon assurance, je tremble intérieurement, je ne pleure plus. Je ne suis pas insensible, mais plus de faiblesses visibles de ma part, jamais. Je me le suis promis. J'irai mieux, mais j'ai encore besoin de ce froid intense. Touchez mes mains, vous comprendrez. Regardez dans le noir de mes yeux, vous pouvez la chercher la lueur, elle est tellement enfouie profondément que vous ne la verez pas. Essayez encore de me faire sourire franchement. Mes lèvres se tordront, mes yeux resteront fixes, droits, glacials. Je vais mieux. Mais je garde te telles balafres en moi, que j'ai peur de vouloir les guérir. On ne se remet que difficilement de l'envie d'en finir avec tous ces mensonges, de ces croyances dont on m'a rendu dépendantes, pour mieux les nier. Je vais certes mieux, mais pas encore bien.



Et toi, comment te sens-tu ?


# Posté le mercredi 18 février 2009 15:33

Modifié le mardi 04 août 2009 13:58

"Le verbe aimer est difficile à conjuguer : son passé n'est pas simple, son présent n'est qu'indicatif et son futur est toujours conditionnel."Jean Cocteau.

"Le verbe aimer est difficile à conjuguer : son passé n'est pas simple, son présent n'est qu'indicatif et son futur est toujours conditionnel."Jean Cocteau.
"L'Amitié est la force qui vaut toutes les batailles."
Un ami on n'en trouve pas à tous les coins de rue. Et il faut surtout prendre garde à ne pas confondre un simple pote, une connaissance rapide et un ami, un vrai. Les points communs ? Une connaissance se retrouve parfois dans les mêmes endroits que nous, ou nous y accompagne. On passe du temps, comme avec un pote. Avec ce dernier, tu passes encore plus de temps, tu peux partager son bureau en classe, tu ris avec, tu collectionnes quelques coups foireux. Mais est-ce vraiment ce camarade qui viendrait poser sa main sur ton épaule quand tu es triste ? Ou, qui saurait en un seul regard si tu vas bien ou non, et qui décèle ton mensonge aussi simplement que si un voyant "mensonge" s'allumait sur ton front ?

Êtes-vous capables de différencier Amour et Amitié, dans les limites et les actes ?

Par exemple, y existe t-il une chose que vous feriez par Amour, que vous ne feriez pas par Amitié, ou réciproquement ? J'ai renversé des barrières par Amitié, je me suis décomposée de l'intérieur en perdant mes piliers. Mes Ami(e)s, ceux dont je ne peux me passer. Même si mes parents n'approuvent pas forcément mes préférences amicales, je sais ce que chacun d'eux vaut réellement, et les services rendus. Je sais qui m'a pris dans ses bras et consolé, et pourquoi, comment, quand. Je connais mes calmants, mes pansements. Je sais que mon amour pour ces personnes est démultiplié par semaines passées à leur côté, que je ne peux plus faire sans elles, que mon bonheur repose dans le leur, uniquement. Je me laisse porter, aveuglément. Et je me laisserais aller, tant qu'on me retiendra. Un véritable ami est éternel.

L'Amour lui, est plus flou, plus indécis, moins stable. Il peut-être autant fusionnel voir plus qu'une amitié, mais le feu de cette fusion s'étouffe plus rapidement. Un Amour blesse, je ne sais pas encore de quelle façon, mais à ce que j'ai vécu par amitié, ça doit faire mal. Ca fait mal. Je n'ai pas encore connu de rupture, mais de petites broutilles qui entaillent et marquent au fer blanc. Dire "Je t'aime" d'amour, n'est pas non plus chose aisée. Si la réciproque était plus faible, c'est plus douloureux à encaisser qu'une amitié inférieure, car quelque part, l'amitié est basée sur la confiance. L'amour est basé sur l'attirance en premier lieu, ensuite sur la rise de risque, et la sincérité. Il y a une nette différence entre l'attirance et la confiance. Un Amour s'entretient, mais peut aussi s'éteindre subitement. L'Amitié peut faiblir, mais la lueur brillera toujours, quelque part, si c'est un réel ami qui anime votre flamme.

Personnellement, je ne connais aucune limite à une amitié. La vraie amitié, s'entend. A l'Amour non plus. Pas celui que je connais. Mais, en ce qui vous concerne ? Veuillez pardonner ma curiosité.



Puisqu'on ne peut conjuguer Amitié comme verbe, l'humain a décrété que l'on conjuguerait aussi Aimer dans le même cas. Simple coïncidence ou indécision de l'émotion ? ©




Quelle barrière ne franchirais-tu pas par Amour (ou amitié s'entend) ?
A quelle fréquence dis-tu "Je t'aime" ? Et à qui ?

# Posté le vendredi 20 février 2009 05:24

Modifié le vendredi 20 février 2009 15:09

Nul ne peut atteindre l'aube sans passer par le chemin de la nuit.Khalil Gibran.

Nul ne peut atteindre l'aube sans passer par le chemin de la nuit.Khalil Gibran.
J'ai peur de l'avenir. Et le mot peur est assez faible. J'ai un regard permanent sur le passé qui empoisonne mon quotidien. J'imagine le pire qui puisse m'arriver, toujours. J'entre dans une paranoïa qui détruit toute once de bonheur possible, achevant mes rêves dans une fin brutale. Il parait même que je m'invente des problèmes, là où il n'y en a pas. J'ai envie de vous rire au nez de vous prouver que vous avez tord, mais vous n'êtes pas tous capables de le comprendre. Je n'invente rien, ma paranoïa fait émerger mes craintes à la surface, qui tournent rapidement à l'obsession et peuvent engendrer des problèmes. Non je ne les invente pas, je les exteriorise. Ne croyez vous pas, que je préfèrerais vivre sans me poser de problèmes, simplement ? Sans doutes, sans regrets, sans peur ? Sans ces stupides remises en question ? Bien sûr que si. L'être humain est faible et vulnérable, et malgré moi, je n'échappe pas à cette règle. Cette faiblesse que l'on cherche à cacher, qui me conduit à évoquer mon apparente insensibilité.
Insensibilité créée, de toute part, dans le but de se protéger des coups extérieurs. Cette armure, si lourde à porter, qui écrase tout éclat de vie en nous. Nous sommes prisonniers de notre faiblesse, véritables coquilles vides, zombies. Parce que si nous ne recevons plus aucun coup, nous ne recevons plus aucun sentiment, négatif comme positif. Alors nous ne rendons pas. Nous ne ressentons plus. Juste une solitude brûlante à certains moments, quand nous pensons à autre chose que ne pas baisser notre garde. En attendant, vous êtes rejetés et vous ne pouvez en vouloir à personne. Vous êtes devenu une chose, un poids que l'on traîne, présent sans l'être. Bien là, mais ailleurs. Les chaînes dans lesquelles vous vous êtes emprisonnés ressèrent leur prise, et se retournent contre vous. Vous vouliez vous protéger, vous vous isolez. Vous épargner, vous vous rejetez. Alors que vous reste t-il ? Vous-même ? N'est-ce pas ce que vous avez véritablement cherché à éviter ? Vous êtes piégés. Retournez-vous, regardez autour de vous.
Qu'on m'enlève ces chaînes ! Mais qui vous entendra ? Vous êtes seul. Complètement et définitivement seul. Votre plus grande crainte se retrouve face à vous, votre paranoïa cède place à une schizophrénie. Dédoublement. Vous êtes deux. Un contre un. Vous contre vous. Votre seul ennemi. Et le pire.
Je n'ai rien perdu ! Juste vos amis. Non, ce n'est rien. Juste vos proches. N'en faisons pas cas. Juste tout sentiment. Vous vous en remettrez. Peut-être un jour, si quelqu'un ne vous a pas définitivement rayé.
J'ai perdu. Vous avez voulu vous épargner, vous vous êtes détruit. Vous avez voulu les protéger, vous vous êtes brûlé. Ils vous ont laissé, vos entrailles hurlent, vous saignez. Vous saignez toute l'impuissance qui vous étouffe, vous crachez toute tentative de survie, vous inhalez, avalez l'air, ça râcle, ça écorche, feu éternel dans votre gorge. Vous inspirez, la douleur s'apaise et les ténèbres deviennent lumière. Vos yeux s'ouvrent. Le son vous parvient, le goût, les saveurs dans votre bouche. Les odeurs doucâtres se mêlent et explosent, vous expirez, soulagé. Vous respirez. Réellement, pour la toute première fois.
Félicitations, vous vivez.

# Posté le dimanche 15 mars 2009 05:40

Modifié le dimanche 15 mars 2009 06:15

C'est comme une chanson en composition, une terrifiante musique. La mélodie t'emporte, la plume arrache le papier par endroits trop raturés, les notes s'accrochent et ton coeur s'ouvre. L'ancre de ta plume rend visibles et lisibles tes lacrymales, tu t'enfonces dans le plus profond de toi même, conscient en préférant ne pas l'être... Rêve, cauchemar, ou réalité brutale ? L'exploration la plus dangereuse qui soit, l'analyse de notre propre douleur.

C'est comme une chanson en composition, une terrifiante musique. La mélodie t'emporte, la plume arrache le papier par endroits trop raturés, les notes s'accrochent et ton coeur s'ouvre. L'ancre de ta plume rend visibles et lisibles tes lacrymales, tu t'enfonces dans le plus profond de toi même, conscient en préférant ne pas l'être... Rêve, cauchemar, ou réalité brutale ? L'exploration la plus dangereuse qui soit, l'analyse de notre propre douleur.
« Et je renais de ses mains. »




Une dilatation des poumons nous révèle : grande inspiration, air vif et pur, frais et vivifiant. L'inspiration du souffle de la vie, étrange non ? "Souffle de la vie", quel paradoxe. Ne devrait-on pas plutôt dire "souffle de la mort" comme me l'a dit un jour une personne vraiment sensée ? Chaque seconde passée, nous rapproche lentement de la fin. C'est ainsi et il n'en sera jamais autrement. De toute façon, l'immortalité ne m'interesse pas au sens matériel de la chose. Mais qui cela interesse t-il ? Certains abrègent leur vie, d'autres essaient. Plusieurs y pensent, sans plus. Les autres sont terrorisés, tétanisés à l'idée d'un noir profond sans suite. Vivre pour mourir, une vie parmi plus de six milliards de petits coeurs battants. Finalement, une vie ce n'est pas si précieux que ça. C'est compliqué et difficile, personne n'en sort intact. Nous finissons tous abîmés et écorchés, plus ou moins heureux, ou carrément à vif. Qui a pu se venter d'être mort heureux, du tout premier cri jusqu'au dernier souffle ? La réponse vous paraît à vous aussi, évidente. Pourquoi alors vivre dans la crainte de tout, du malheur, de la maladie, de la douleur, de la solitude, et la liste est encore bien trop longue ? Pourquoi, pourquoi et pourquoi ? Toujours des questions, jamais de réponses. Je vais vous en donner moi : cette vie reste un cadeau, malgré toutes vos pensées négatives. Imaginez une seconde ne jamais avoir connu vos amis, n'avoir jamais entendu le son d'un rire ou vu un sourire. Ne jamais avoir ressenti de secousses au niveau de votre estomac, face à une émotion forte. Ne pas savoir quel goût ont les larmes qui vous ont forgé et vous ont rendu plus fort. Donner et recevoir de l'amour, même à dose minuscule. Exploser de rire, incontrôlable, à en avoir les machoires complètement anesthésiées et les abdominos forgés et plein de crampes. Ce sont des raisons pour vous, d'aimer vivre. Une simple vie parmi tant d'autres, tellement importante. Néanmoins, avec tous ces arguments, envers et contre toutes les tentatives manquées et les actes téméraires... Ma vie me semble bien inutile, et je me damnerai pour n'importe quoi d'autre en échange. Même la pire chose. La plus immonde et barbare. Même une poignante et dévorante immortalité. Quelque chose enfin, de non banal et quitte à souffrir, de différence, exactement la même qui m'a détruite.
Mourir ? Pourquoi ne pas essayer, parfois...


Vous êtes priés de ne pas juger, ni me faire la morale. Moi seule sait la vérité que j'enfouis en moi, et je veux la garder égoïstement le plus longtemps possible, cette vérité.


As-tu déjà eu envie d'en finir avec ta vie ?
N'as-tu jamais pensé le faire ou en avoir envie ?
Et, pourquoi ?




Merci à "Quelquun" pour ton commentaire.
Ca fait plasir de voir que l'on prend du temps pour lire, de temps en temps, et encore plus pour répondre. C'est touchant, et j'espère te voir repasser.
En tous cas, merci de tes conseils, mais si ce blog semble si sombre c'est parce-que je ne veux que le montrer ainsi. En général, j'ai plus de mal à écrire sur le bonheur. Dommage.
Merci à toi. J'espère sincèrement te recroiser.


(Ca se trouve, on se connait, qui sait ? *clin d'oeil* )

# Posté le mercredi 25 mars 2009 16:28

Modifié le lundi 07 septembre 2009 15:11

If You Seek Amy. Un nom, du talent, une gloire, une chute, haute, très haute chute, le bas, l'alcool, la drogue, le trash, le néant, rien. Pourtant, nous rêvons presque tous d'une vie de paillettes et d'illusion.

If You Seek Amy. Un nom, du talent, une gloire, une chute, haute, très haute chute, le bas, l'alcool, la drogue, le trash, le néant, rien. Pourtant, nous rêvons presque tous d'une vie de paillettes et d'illusion.
Société de consommation, tout se perd, presque plus rien ne se gagne. Presque, presque, car parfois on gagne avec de l'argent, l'argent, l'argent, toujours de l'argent. Tu paies ton nom, ton image, en espèce ou en fierté, tu paies tout, tu n'obtiens presque rien en retour. L'humanité en souffre, si elle en a conscience, elle n'en a conscience que dans son porte-monnaie, elle en pâtit, autrefois elle aurait fait deux pas en avant et un seul en arrière, aujourd'hui elle a enclenché la marche arrière, elle recule, elle recule, elle recule vers le point de non-retour, elle continue, elle recule, inconsciente de sa production, la société.
Tu portes un nom banal, pas vraiment original, tu te fonds dans la masse, cette masse qui te répugne, tu veux te faire un nom, tu veux être reconnu, tu ne désires que ça, la fin de l'ignorance, le temps de la reconnaissance, tu le veux, oh oui tu en crèves d'envie, tu veux devenir comme eux, sur les murs de ta chambre, figé sur le papier glacé, placardé en pleine gloire sur un monument célèbre de New-York, Paris ou Tokyo, tu veux voir ton visage que tu détestes tant à l'intérieur du petit et du grand écran, tu veux devenir quelqu'un, c'est tout, juste quelqu'un. Tu l'es déjà, tu ne le sais pas, tu t'y accroches, pourtant. Tu te moques de ces moqueries qu'on balance à ton visage naïf, même si paradoxalement, tu en retiens chaque mot, et ces mêmes mots, cette vérité te fait pleurer dans ton lit, tu perds espoir, tu te moques de toi-même, et des célébrités comme Amy Winehouse, parce-que ça te soulage, parce-que tu la détestes, elle, qui a ce dont tu rêves et qui se fout la vie en l'air, qui n'est qu'une épave qui ferait pitié à un SDF, qui s'est plongée dans l'alcool et la drogue, toutes les drogues, tu en as la preuve à l'appui sur le mur de ta chambre, à voir les traces blanches des dernières trainées de poudre autour de son nez. Tu ries, tu la détestes, tu as pitié, mais ça tu ne le sais pas. Tu ne sais pas que les paillettes ne sont qu'un artifice de plus, tu ne sais pas que ta vie de minable sans nom et sans valeur peut valoir plus que la sienne. Parce que cette femme a du talent, tu ne peux le nier, qu'elle s'est auto-détruite d'elle-même, car elle est aussi naïve et fragile que toi. Qu'elle y a cru, qu'elle a une chance de plus par rapport à toi, mais regarde où cette "chance" l'a conduite. Mais tu t'en fiches complètement, tu veux mal finir, quitte à ce que l'on se moque de toi, qu'on te prenne en pitié, que tu deviennes ridiculement pathétique, à l'article de la mort, anoréxique ou complètement shooté, suicidé ou alcoolique, sous anti-dépresseurs, tout refait de tous les côtés, méconnaissable, mais que ton nom ne soit plus banal, mais original, que tous te plaignent, te reconnaissent, être l'exemple que personne ne veut suivre, mais que l'on cherche à devenir. Tu veux te faire un nom. Le tien ne te convient pas, ne te convient plus. Tu changes. Physiquement. Tu cherches à ressembler à cette anorexique droguée et alcoolique, tu changes de coiffure, de fringues, tu changes même de personnalité. Tu refuses cette nouvelle vérité qui te fait mal qu'on te balance encore au visage. Tu refuses de devenir un produit de cette société de consommation. Tu le fais, pourtant. Tu continues. Tu ne manges plus, tu restes scotché devant ta télévision, ton ordinateur ou les magazines people, devant tout ce qui se rapporte à ton idole qui te faisait tant pitié, que tu détestais tant, tant tu voulais être comme elle. Tu étais naïf, et conscient. Conscient de l'horreur que t'inspirait cette société dans laquelle tu vis sans avoir forcément ta place, tu as voulu la fuir, tu t'es fait prendre au piège de ses griffes d'acier qui te serrent dans ton jean slim en taille 34, tu es devenu l'un des leurs. Tu as payé, de toutes les façons possibles. Tu te fais pitié, mais tu continues, tout le monde le fait, c'est comme ça.
Tu ressembles à tout le monde, donc à ces icônes qui ne durent qu'un temps, tu as déjà testé la différence, ça ne t'a pas réussi, tu étais trop fragile pour supporter les regards de peur et de révulsion. Tu supportes pourtant les regards actuels, qui sont identiques aux autres que tu as connu, car tu sais qu'une pointe de jalousie reste derrière leurs yeux cruels, et que tu ne passes tout de même pas inapperçu. Tu écoutes la musique du moment, celle que tu n'aimes pas forcément, tu écoutes Amy, tiens encore elle, et Britney qui elle, demande où est Amy -décidemment- pour ne pas être où elle se trouve. Ah Britney, elle n'a rien compris, la pauvre. Comment fait-elle, pour être toujours complètement à l'Ouest.



Auto-dérision; j'admire Britney Spears et Amy Winehouse est une grande musicienne.
J'ai également honte du monde actuel; confidence pour confidence.



# Posté le dimanche 14 juin 2009 08:17

Modifié le dimanche 02 août 2009 06:22

Citation : Lolita Pille ; Hell - chapitre 11.

Citation : Lolita Pille ; Hell - chapitre 11.

Des romans fantastiques, ou des histoires qui nous montrent la descente aux enfers des personnages.
Pourquoi toujours du fantastique ? Pourquoi toujours lire le quotidien de sorciers, vampires ou fantômes ? Pourquoi cette passion, ce plaisir à la lecture ? Parce-que c'est l'évasion. C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour m'échapper de cette routine étouffante. Croire, ne serait-ce qu'une seconde avant de me traîter moi-même d'imbécile heureuse, à ce monde parallèle, magique, envoûtant, incroyable, dangereux. Tout simplement et purement iréel. Laissez-moi cette liberté, juste la liberté mentale.
Pourquoi me délecter de la souffrance de ces personnages que l'on croit intouchables, à qui l'on donnerait beaucoup pour leur ressembler, qui sombrent dans la drogue et l'autodestruction ? Parce-que c'est aussi une forme de vie que je n'ai pas. Un échappatoir, dans ma chambre aux murs recouverts de posters. Posters que je chéris, que j'admire. Tous ces visages vigés qui me fixent de leurs yeux vides... C'est quelque part ce que je voudrais devenir. Mais c'est car je suis lucide que je continue à lire. Que je continue de vibrer au fil des pages et des notes musicales, parce-que je suis lucide que je m'enferme dans mon monde intouchable et vénéré, que j'essaie de me protéger de ce qui m'entoure. De cette réalité que je ne veux pas reconnaître, et qui je sais pourtant, est bien là. Et ça fait mal. Et j'ai mal. En silence.
Toujours et surtout en silence. Ma devise. Ne rien dire, ne rien penser ou exprimer à haute et intelligible voix. Tout renfermer sur moi, et m'exploser en pleine figure un soir où un seul détail me fait atteindre l'hystérie, les cris, les pleurs, un beau soir. Mais toujours seule. J'ai appris que dire les choses telles que je les conçois peut m'apporter pas mal d'ennuis. Mais tout autant de les garder pour moi. Tant qu'à perdre, autant choisir ma façon de m'écraser. Je croule sous le poids de ce que je contiens. Et que personne ne me pousse à vider mon sac, c'est inutile. J'ai déjà essayé, et je préfère me ronger les sangs seule dans mon coin, qu'on vienne me les grignoter doucement mais sûrement de reproches. J'ai pour ambition de devenir maîtresse absolue de mes sentiments et expressions. Je commence à avoir une certaine maîtrise de mes mots et de leur impact que je mesure amplement. Reste encore à peaufiner mon jeu d'actrice, mon masque d'intouchable, de fille joyeuse quand il le faut, énervée quand il convient... Mais jamais mal-à-l'aise, blessée ou triste. Rien qui puisse montrer l'intérieur, la vérité. Je suis experte en mensonge. Et j'en ris de lire ce que j'écris, le pire c'est que j'en ai consience. Je suis ruinée de l'intérieur - du moins une bonne partie - mais ça, je n'y suis pas parvenue seule. Je peux donc vous remercier, vos promesses interrompues m'ont fait le plus grand bien ! Et que celui ou celle qui me jugera, comme quoi je me plains, oui, vous aurez raison, mais vous en ignoreriez tellement...
Si je m'enferme dans le fantasque, l'imaginaire et l'impossible, c'est pour oublier ce que je suis. Je m'invente et me crée chaque jour, en prenant soin de ne jamais être celle que je suis réellement, cette fille aux yeux cernés et délavés, à seulement seize ans.



« Je suis un artiste, et mon oeuvre, c'est Moi. »





# Posté le dimanche 02 août 2009 15:17

Modifié le vendredi 11 septembre 2009 08:17